{"id":501,"date":"2021-05-04T23:46:27","date_gmt":"2021-05-05T03:46:27","guid":{"rendered":"http:\/\/edithsmeesters.org\/?page_id=501"},"modified":"2021-05-05T00:21:14","modified_gmt":"2021-05-05T04:21:14","slug":"que-faire-des-branches-apres-un-verglas","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/edithsmeesters.org\/?page_id=501","title":{"rendered":"Que faire des branches apr\u00e8s un verglas"},"content":{"rendered":"<div>\n<p style=\"text-align: left;\">______________________________________________________________<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<b>UNIVERSIT\u00c9 LAVAL<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><b>Facult\u00e9 de Foresterie et de G\u00e9omatique<\/b> <br clear=\"all\" \/> <b>D\u00e9partement des Sciences du Bois et de la For\u00eat<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><b>Groupe de Coordination sur les Bois Ram\u00e9aux<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Minist\u00e8re de l&rsquo;Agriculture, des P\u00eacheries et de l&rsquo;Alimentation du Qu\u00e9bec<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">texte de soutien<br \/>\nR\u00e9union du 20 mars des conseillers techniques<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Saint-Hyacinthe<br \/>\nQU\u00c9BEC<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><b><i>\u00abQUE <\/i><\/b><b><i>F<\/i><\/b><b><i>AIRE AVEC LES BRANCHES APR\u00c8S LE VERGLAS: LES BRF<\/i><\/b> <b><i>UN CADEAU DU CIEL\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><b>E. Smeesters, L. Larochelle et G. Lemieux<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">NATURE \u2022 ACTION<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/forestgeomat.for.ulaval.ca\/brf\"><b>http:\/\/forestgeomat.fo<\/b><b>r<\/b><b>.ulaval.ca\/brf<\/b><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0\u00e9dit\u00e9 par le<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Groupe de Coordination sur les Bois Ram\u00e9aux<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>UNIVERSIT\u00c9 DE LAVAL<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">D\u00e9partement des Sciences du Bois et de la For\u00eat<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Qu\u00e9bec G1K 7P4<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">QU\u00c9BEC<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Canada<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><b>REMERCIEMENTS<\/b><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Cette synth\u00e8se des travaux du \u00abGroupe de Coordination sur les Bois Ram\u00e9aux\u00bb a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e suite \u00e0 la temp\u00eate de verglas spectaculaire qui a frapp\u00e9 la ville de Montr\u00e9al et la Mont\u00e9r\u00e9gie en janvier 1998. Apr\u00e8s quatre jours de pluie vergla\u00e7ante, des milliers de branches d\u2019arbres ont cass\u00e9 sous le poids de 5 \u00e0 10 cm de verglas. Le spectacle \u00e9tait d\u00e9sastreux et le travail gigantesque.<\/p>\n<p>Nature-Action Qu\u00e9bec \u00e9tait au coeur du probl\u00e8me. Ce groupe environnemental, cr\u00e9e en 1986, a toujours eu \u00e0 coeur de poser des gestes concrets pour am\u00e9liorer l\u2019environnement et sensibiliser le public \u00e0 des alternatives saines. Avec l\u2019aide du minist\u00e8re du D\u00e9veloppement des ressources humaines Canada et en partenariat avec une dizaine de villes de la Mont\u00e9r\u00e9gie, Nature-Action Qu\u00e9bec a mis sur pied un vaste projet d\u2019\u00e9lagage et de nettoyage des terrains publics. C\u2019est gr\u00e2ce au \u00abvolet sensibilisation\u00bb de ce programme, et \u00e0 la pr\u00e9cieuse collabora- tion du Docteur Gilles Lemieux et de Monsieur Louis Larochelle de l\u2019Universit\u00e9 Laval, que ce document a pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c9dith Smeesters, biologiste et pr\u00e9sidente de Nature-Action Qu\u00e9bec<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QUE FAIRE AVEC LES BRANCHES APR\u00c8S LE VERGLAS?<\/b><\/p>\n<p><b>LES BRF: UN CADEAU DU CIEL?<\/b><\/p>\n<p>\u00c9dith Smeesters<sup>1<\/sup>, Louis Larochelle<sup>2<\/sup> &amp; Gilles Lemieux<sup>3<\/sup><\/p>\n<p>Apr\u00e8s la temp\u00eate de verglas du mois de janvier 1998, un bon nombre de villes de la Mont\u00e9r\u00e9gie se sont retrouv\u00e9es avec des montagnes de branches \u00e0 ne plus savoir qu\u2019en faire.<\/p>\n<p>Or, il se trouve \u00e9galement qu\u2019un groupe de chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 Laval travaille depuis plus de 20 ans \u00e0 la mise en valeur des branchages laiss\u00e9s pour <b>\u00a0<\/b>compte par l\u2019industrie foresti\u00e8re. Ils ont d\u00e9couvert que ce bois ram\u00e9al (bois des rameaux ou bois des branches de moins de 7 cm) , constitue une ressource de tr\u00e8s grande valeur pour r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer tous les types de sols, \u00e0 condition d\u2019\u00eatre fragment\u00e9 et directement appliqu\u00e9 au sol, sans compostage.<\/p>\n<p>Les scientifiques ont donc rebaptis\u00e9 ces branches d\u00e9chiquet\u00e9es avec un nom \u00e0 la hauteur de leur valeur: \u00a0<b>Bois Ram\u00e9aux Fragment\u00e9s <\/b>(ou encore: <b>BRF<\/b> pour plus de facilit\u00e9). C\u2019est aussi une fa\u00e7on de bien les diff\u00e9rencier des copeaux de scieries qui proviennent du tronc et qui ont un effet d\u00e9pressif sur le sol. En effet, les copeaux de bois de tronc ne contiennent presque pas de nutriments, et c\u2019est dans le bois de tronc que sont stock\u00e9s certains produits de d\u00e9fense de l\u2019arbre qui peuvent \u00eatre nocifs pour le sol.<\/p>\n<\/div>\n<p>Voici donc un r\u00e9sum\u00e9 des nombreuses publications du \u00abGroupe de Coordination sur les Bois Ram\u00e9aux\u00bb et de discussions avec le Docteur Gilles Lemieux et Monsieur Louis Larochelle MSc. Ce texte n\u2019a aucune pr\u00e9tention scientifique, mais vise essentiellement \u00e0 rendre accessibles des informations qui peuvent permettre d\u2019enrichir les sols, tout en utilisant un mat\u00e9riel disponible en abondance pour le moment.<\/p>\n<div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>La richesse est dans les branches<\/b><\/p>\n<p>Les branches de faible diam\u00e8tre (moins de 7 cm ou 3 \u201c) sont extr\u00eamement riches en \u00e9l\u00e9ments nutritifs. En fait, 75% des nutriments de l\u2019arbre sont dans les\u00a0 branches. Elles contiennent de la cellulose et de la lignine, mais aussi beaucoup d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments comme des sucres, amidons, h\u00e9micelluloses, prot\u00e9ines, acides amin\u00e9s, enzymes et sels min\u00e9raux, ce qui les rend de loin plus int\u00e9ressantes que le bois du tronc.<\/p>\n<p>Afin de rendre tous ces \u00e9l\u00e9ments nutritifs disponibles au sol, il est n\u00e9cessaire de broyer les branches. Cela acc\u00e9l\u00e8re la digestion de tout le mat\u00e9riel, car cela multiplie les surfaces de contact pour les micro-organismes du sol.<\/p>\n<p><b>La production d\u2019un humus stable<\/b><\/p>\n<p>De nombreuses exp\u00e9riences ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es depuis 20 ans avec les BRF, tant en milieu forestier, qu\u2019en milieu agricole ou en am\u00e9nagement paysager. Partout ce fut la m\u00eame constatation: le sol \u00e9tait r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, il avait retrouv\u00e9 sa fertilit\u00e9 naturelle et prenait une belle couleur sombre (m\u00e9lanisation) due \u00e0 la transformation de la lignine en humus.<\/p>\n<p>On sait d\u00e9j\u00e0 que la pr\u00e9sence d\u2019humus est essentielle \u00e0 toute la dynamique du sol, car il am\u00e9liore \u00e0 la fois ses qualit\u00e9s physiques, chimiques et biologiques. L\u2019humus am\u00e9liore la structure du sol en formant des agr\u00e9gats. Dans les sols lourds, cela rend le sol plus poreux, plus l\u00e9ger. Dans les sols sablonneux, l\u2019humus retient l\u2019eau comme une \u00e9ponge. Dans tous les cas, l\u2019humus permet de stocker les min\u00e9raux naturellement pr\u00e9sents dans le sol. Il s\u2019ensuit une diminution de l\u2019\u00e9rosion, une meilleure r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse et le travail du sol devient beaucoup plus facile.<\/p>\n<p>La transformation des BRF produit un humus de tr\u00e8s haute qualit\u00e9 \u00e0 cause de la pr\u00e9sence de lignine. Cette substance est transform\u00e9e en humus par certains champignons (basidiomyc\u00e8tes ou pourritures blanches) qui sont les seuls organismes capables de la dig\u00e9rer.\u00a0 Pour cela, les BRF doivent \u00eatre incorpor\u00e9s au sol mais pas trop profond\u00e9ment car, si ces champignons ont besoin d\u2019humidit\u00e9, ils ont \u00e9galement besoin d\u2019air.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence massive de champignons va attirer d\u2019autres organismes tr\u00e8s utiles comme les collemboles et les acariens qui s\u2019en nourrissent.\u00a0 Ces derniers, \u00e0 travers leur d\u00e9jections, vont faire prolif\u00e9rer certaines bact\u00e9ries dont se nourriront les protozoaires, qui sont le plat pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des vers de terre, etc. Toute cette biodiversit\u00e9 dynamique va contribuer \u00e0 faire du sol un habitat\u00a0 stable et \u00e0 la fois propice \u00e0 chacun de ces organismes et aux plantes.\u00a0 L\u2019effet des BRF peut durer de 3 \u00e0 5 ans sans autre apport de mati\u00e8res organiques. La pr\u00e9sence de lignine leur donne une longueur d\u2019avance par rapport \u00e0 des amendements (fumiers) qu\u2019il faut renouveler fr\u00e9quemment.<\/p>\n<\/div>\n<p>Appliquer des BRF au sol, c\u2019est comme mettre de l\u2019argent en banque et la bonne nouvelle c\u2019est qu\u2019on vient de gagner le gros lot!<\/p>\n<div>\n<p><b>Des effets spectaculaires sur les sols:<\/b><\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats obtenus jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent avec l\u2019utilisation de BRF sont exceptionnels. On a pu observer:<\/p>\n<ul>\n<li>Des am\u00e9liorations remarquables dans la structure de tous les sols.<\/li>\n<li>Une meilleure r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019humus qui retient l\u2019eau.<\/li>\n<li>Une augmentation de la biodiversit\u00e9 qui s\u2019est traduit par la r\u00e9duction de la virulence des\u00a0parasites.<\/li>\n<li>Des augmentations de rendements, particuli\u00e8rement la deuxi\u00e8me ann\u00e9e apr\u00e8s l\u2019application\u00a0(jusqu\u2019\u00e0 300% chez les fraises).<\/li>\n<li>Une am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 des produits: augmentation en mati\u00e8re s\u00e8che (de 30%\u00a0chez la pomme de terre) et am\u00e9lioration de la saveur.<\/li>\n<li>Un d\u00e9veloppement remarquable du syst\u00e8me radiculaire et l\u2019apparition naturelle demycorhizes dans les cultures de fraises, avec des effets tr\u00e8s positifs sur le phosphore assimilable.<\/li>\n<li>Une augmentation du pH dans les sols acides.<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>Le BRF appliqu\u00e9 au sol est meilleur que le compost<\/b><\/p>\n<p>La tentation est forte de composter les BRF pour fournir au sol, ou aux plantes, un plat \u00abtout cuisin\u00e9\u00bb. Cela repr\u00e9sente pourtant un travail inutile et m\u00eame un certain gaspillage, car les BRF appliqu\u00e9s au sol permettent au carbone de retourner enti\u00e8rement dans la terre, alors qu\u2019il se perd partiellement en gaz carbonique (CO<sub>2<\/sub>) lors du compostage. Il n\u2019y a donc pas de perte d\u2019\u00e9nergie avec l\u2019application de BRF, tout est restitu\u00e9 au sol. Par ailleurs, tous les organismes du sol sont stimul\u00e9s par les BRF, ou par les champignons microscopiques qui s\u2019en nourrissent. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que les vers de terre sont nettement plus attir\u00e9s par les BRF que par les composts.<\/p>\n<p><b>Attention aux conif\u00e8res!<\/b><\/p>\n<p>Les BRF de conif\u00e8res sont \u00e0 \u00e9viter car ce type d\u2019arbre contient des produits antibiotiques qui peuvent \u00eatre n\u00e9fastes pour le sol.\u00a0 On peut cependant tol\u00e9rer environ 20% de bois de conif\u00e8res dans un m\u00e9lange de BRF, sans avoir d\u2019effet n\u00e9gatif.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>UTILISATION DES BRF<\/b><\/p>\n<p><b>Dans les bois\u00e9S<\/b><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>La situation la plus facile se trouve dans les bois\u00e9s naturels o\u00f9 les BRF peuvent \u00eatre retourn\u00e9s imm\u00e9diatement au sol. Apr\u00e8s tout, la meilleure chose qui puisse arriver \u00e0 nos arbres apr\u00e8s le verglas, c\u2019est de leur rendre tous ces \u00e9l\u00e9ments nutritifs qu\u2019ils viennent de perdre!<\/p>\n<p>On peut \u00e9videmment laisser les branches au sol telles quelles, et dans les bois\u00e9s tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9s cela peut diminuer le pi\u00e9tinement du sous-bois. Mais, si la t\u00e2che n\u2019est pas trop vaste, le mieux est de d\u00e9chiqueter les branches sur place et de disperser les BRF \u00e0 la vol\u00e9e. C\u2019est un bon coup de pouce \u00e0 la nature qui est d\u00e9j\u00e0 bien perturb\u00e9e avec toutes ces pressions que nous lui faisons subir, incluant les pluies acides. Dans une \u00e9rabli\u00e8re, au sol particuli\u00e8rement acide, le pH est mont\u00e9 d\u2019une unit\u00e9 apr\u00e8s une seule application de BRF.<\/p>\n<p><b>Dans les parcs urbains<\/b><\/p>\n<p>Dans les parcs qui comprennent de vastes pelouses, c\u2019est peut-\u00eatre l\u2019occasion de diminuer les surfaces gazonn\u00e9es et d\u2019en renaturaliser une partie pour le plus grand bien des arbres. Il suffit d\u2019accumuler les BRF sous les arbres sur une \u00e9paisseur de 5 \u00e0 10 cm pour \u00e9touffer le gazon. Pour de meilleurs r\u00e9sultats, surtout si la pelouse est tr\u00e8s dense, on peut recouvrir la surface avec du papier Kraft \u00e9pais (disponible en rouleaux) avant d\u2019appliquer les BRF.<\/p>\n<p>Tous les jeunes arbres devraient recevoir une couronne de BRF d\u2019au moins un m\u00e8tre de diam\u00e8tre \u00e0 leur base, ce qui les prot\u00e9gera des tondeuses \u00e0 gazon. Il faut cependant \u00e9viter d\u2019en mettre trop \u00e9pais autour du tronc.<\/p>\n<p><b>En am\u00e9nagement paysager<\/b><\/p>\n<p>Tous les parterres d\u2019arbustes, de vivaces ou d\u2019annuelles b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un paillis de BRF. Comme les BRF se d\u00e9composent petit \u00e0 petit, il suffit d\u2019en ajouter un peu chaque ann\u00e9e pour avoir toujours un coup d\u2019oeil agr\u00e9able, \u00e0 condition d\u2019avoir un mat\u00e9riel assez homog\u00e8ne et pas trop grossier (morceaux de 2-4 cm). Cependant, il faut \u00e9viter de broyer les BRF trop finement car cela peut former une cro\u00fbte imperm\u00e9able.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re fois, on en mettra environ 5 cm d\u2019\u00e9paisseur autour des herbac\u00e9es et jusqu\u2019\u00e0 10 cm autour des arbustes. Plus on en mettra \u00e9pais, plus le mat\u00e9riel devra \u00eatre grossier pour conserver une bonne a\u00e9ration. On pourra voir des effets tr\u00e8s positifs sur les plantes d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Le paillis a de multiples avantages. Il augmente en effet la r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse, en gardant le sol \u00e0 l\u2019abri des rayons du soleil. Il \u00e9limine le sarclage et diminue consid\u00e9rablement la pr\u00e9sence de mauvaises herbes.\u00a0 Les mauvaises herbes tenaces (comme le chiendent), peuvent \u00eatre \u00e9limin\u00e9es en appliquant plusieurs \u00e9paisseurs de journaux (ou de papier Kraft) avant de mettre les BRF.\u00a0 Le paillis cr\u00e9e \u00e9galement des habitats tr\u00e8s favorables \u00e0 une quantit\u00e9 de pr\u00e9dateurs, comme les carabes et les staphylins, ce qui r\u00e9duit la pr\u00e9sence de parasites. Par ailleurs, le paillis prot\u00e8ge les vivaces des \u00e9carts de temp\u00e9ratures si fr\u00e9quents \u00e0 la fin de l\u2019hiver.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Pour les annuelles, on installe le paillis apr\u00e8s la plantation. Ce qui reste \u00e0 l\u2019automne pourra \u00eatre incorpor\u00e9 au sol sans probl\u00e8me. Les BRF auront pratiquement disparus le printemps suivant et le sol deviendra de plus en plus fertile.<\/p>\n<p><b>En milieu agricole:<\/b><\/p>\n<p>BRF en paillis (mulch)<\/p>\n<p>Les BRF peuvent \u00eatre utilis\u00e9s sans aucun probl\u00e8me au printemps, \u00e0 condition de les laisser en surface. Cela peut se faire dans certaines cultures, comme les petits fruits, les vergers ou les potagers. Il faut proc\u00e9der comme ci-dessus pour l\u2019application: 5 \u00e0 10 cm d\u2019\u00e9paisseur d\u2019apr\u00e8s la grandeur des plants et la disponibilit\u00e9 du mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>Dans les potagers, il faut \u00e9tendre le paillis apr\u00e8s la mise en place des l\u00e9gumes et on peut en ajouter durant la saison estivale au besoin. Au printemps suivant, il suffit d\u2019\u00e9carter les BRF afin de laisser r\u00e9chauffer le sol pour les semis pr\u00e9coces. Le repiquage peut se faire directement \u00e0 travers le paillis.<\/p>\n<p>Incorporation au sol<\/p>\n<p>M\u00e9thode et quantit\u00e9 \u00e0 appliquer :<\/p>\n<p>Les copeaux peuvent \u00eatre assez grossiers et seront appliqu\u00e9s avec un \u00e9pandeur \u00e0 fumier.<\/p>\n<ol>\n<li>Taux : 1,5 \u00e0 2,5 cm d\u2019\u00e9paisseur\u00a0soit 150-250 m<sup>3<\/sup> par hectare\u00a0soit environ15 tonnes par hectare, jamais plus<\/li>\n<li>Lors d\u2019une premi\u00e8re application, on peut introduire en m\u00eame temps un peu de sol forestier (10 \u00e0 20 g par m<sup>2<\/sup> soit 1 \u00e0 2 tonnes par ha) afin de ramener la flore microbienne, et particuli\u00e8rement les champignons, qui est souvent absente en milieu agricole.<\/li>\n<li>Il faut ensuite incorporer superficiellement les BRF aux 10 premiers cm du sol par hersage. Il ne faut pas enfouir les BRF trop profond\u00e9ment, surtout dans les sols lourds, car les organismes qui les transforment ont besoin d\u2019oxyg\u00e8ne. Donc, pas de labour imm\u00e9diatement apr\u00e8s l\u2019application.<\/li>\n<\/ol>\n<p>P\u00e9riode d\u2019application:<\/p>\n<p>M\u00eame si les BRF sont relativement riches en azote, il faut attendre quelques semaines pour que les organismes d\u00e9composeurs fassent leur travail sans \u00eatre en comp\u00e9tition avec les plantes.\u00a0 Il vaut donc mieux faire l\u2019\u00e9pandage en automne: il n\u2019y aura alors aucun effet n\u00e9gatif sur les r\u00e9coltes l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<p>Si on applique les BRF au printemps, il y aura une certaine p\u00e9nurie d\u2019azote pendant environ 2 mois. Il est donc recommand\u00e9 de laisser le sol en jach\u00e8re et de semer une plante abri, pour couvrir le sol, et de l\u2019incorporer l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Au cours des diverses exp\u00e9riences pass\u00e9es, on a ajout\u00e9 une source d\u2019azote (lisier) avec les BRF pour compenser cet effet d\u00e9pressif temporaire. Cependant, on a constat\u00e9 que les bact\u00e9ries s\u2019empressaient alors d\u2019envahir le sol et prenaient la place des champignons capables de dig\u00e9rer la lignine. Par contre, les BRF \u00e9taient rest\u00e9s presque intacts. Seuls les champignons basidiomyc\u00e8tes sont adapt\u00e9s \u00e0 des substrats pauvres en azote et \u00e0 dig\u00e9rer la lignine des BRF.<\/p>\n<p>Si on ne peut pas \u00e9tendre les BRF au printemps, il faut soit les entreposer jusqu\u2019en automne, soit les utiliser en paillis, soit les composter.<\/p>\n<p>Stockage:<\/p>\n<p>L\u2019entreposage peut se faire en tas de 1 m\u00e8tre (3 pieds) de haut maximum,\u00a0 afin d\u2019\u00e9viter le compostage et l\u2019envahissement des BRF par les bact\u00e9ries. Si on fait de gros tas, ils vont se transformer en compost dans un an ou deux, mais avec des pertes consid\u00e9rables et inutiles.<\/p>\n<p>_____________________________________________________________<\/p>\n<p>1 Nature-Action Qu\u00e9bec, Saint-Bruno-de-Montarville, (514) 441-3899<br \/>\n2 Agronome, les Grondines<br \/>\n3 D\u00e9partement des Sciences du Bois et de la For\u00eat, Universit\u00e9 Laval, Qu\u00e9bec<\/p>\n<\/div>\n<p><code><\/code><a href=\"http:\/\/edithsmeesters.org\/wpes\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Branchages-et-verglas.pdf\">Que faire des branches apr\u00e8s un verglas<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>______________________________________________________________ \u00a0UNIVERSIT\u00c9 LAVAL Facult\u00e9 de Foresterie et de G\u00e9omatique D\u00e9partement des Sciences du Bois et de la For\u00eat Groupe de Coordination sur les Bois Ram\u00e9aux Minist\u00e8re de l&rsquo;Agriculture, des P\u00eacheries et de l&rsquo;Alimentation du Qu\u00e9bec texte de soutien R\u00e9union du &hellip; <a href=\"http:\/\/edithsmeesters.org\/?page_id=501\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/edithsmeesters.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/501"}],"collection":[{"href":"http:\/\/edithsmeesters.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/edithsmeesters.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/edithsmeesters.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/edithsmeesters.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=501"}],"version-history":[{"count":38,"href":"http:\/\/edithsmeesters.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/501\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":527,"href":"http:\/\/edithsmeesters.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/501\/revisions\/527"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/edithsmeesters.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=501"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}